Francis l’artiste aux multiples facettes
Consacrée à Francis, artiste aux multiples facettes, cette exposition met en lumière la richesse d’un parcours singulier, entre expérimentations artistiques, liberté créative et influences multiples. À travers ses œuvres, elle invite à découvrir un univers foisonnant, révélant les différentes facettes d’un artiste qui n’a cessé de repousser les frontières de la création.
Marie Laurencin, Danseuses espagnoles ©Hervé Lewandowski ©Fondation Foujita / Adagp, Paris, 2026 // Albert Gleizes, Danseuse espagnole ©Fernando Maquieira
Albert Gleizes, Danseuse espagnole, 1916, gouache sur papier, 24,8 x 19,3 cm, Collection Fundación Mapfre, Madrid. ©Fernando Maquieira
C’est une exposition labellisée “exposition d’intérêt national”, car faisant partie des plus remarquables de l’année en France. L’occasion de découvrir ce « Christophe Colomb de l’art », comme le surnommait le peintre Jean Arp et qui met à l’honneur une centaine d’oeuvres de l’artiste (1879-1953) et de son cercle artistique new-yorkais et catalan — de Marcel Duchamp, Man Ray, Albert Gleizes, Robert Delaunay, Joan Miró, Serge Charchoune… Pablo Picasso, évidemment, car les deux hommes se connaissent bien, s’admirent, et marqueront l’histoire artistique du XXe siècle. Mais aussi, des femmes artistes jouant un rôle essentiel dans l’histoire des avant-gardes —Marie Laurencin, Juliette Roche, Olga Sacharoff, Hélène Grünhoff, Sonia Delaunay… Une exposition explorant l’incroyable effervescence de ce moment de création collective initié face à une Méditerranée « énorme de santé bleue et d’ingénuité pure », comme le note Picabia dans un poème de juin 1917. Peintures, dessins, sculptures, photographies, revues, et archives dévoilées pour la première fois, retracent ce moment clé du parcours de Picabia en s’intéressant au rôle joué par la Catalogne sur son oeuvre et celle de ses contemporains. C’est inédit, magnifiquement moderne, incontournable !
Francis Picabia, Embarras, 1914, aquarelle et crayon sur papier collé sur carton, 53,8 x 64,7 cm, Museo Nacional Thyssen-Bornemisza, Madrid. ©Museo Nacional Thyssen-Bornemisza, Madrid
Francis Picabia, Espagnole, vers 1926-1927, crayon, aquarelle et gouache sur papier, 53,7 x 46,3 cm, collection particulière. ©Archives Comité Picabia
Artiste novateur, pionnier de l’avant-garde
Entre 1913 et 1924, nourri de ses voyages entre New York et Barcelone, l’artiste élabore un langage artistique inédit. Cette période charnière où il abandonne la peinture figurative, voit naître ses plus importantes oeuvres mécanomorphes (dans lesquelles les formes mécaniques deviennent les métaphores du corps), et sa participation à l’aventure dadaïste. Au coeur d’une Catalogne effervescente, terre d’accueil de nombreux artistes exilés, Picabia développe un vocabulaire audacieux. Fuyant la France en guerre, il insuffle un véritable bouillonnement créatif, à travers sa revue, 391. Publiée de 1917 à 1924, elle reflète ses idées novatrices et pré-dadaïstes, un parti-pris résolument “anti-peinture”… Un exil qui est aussi l’occasion de s’imprégner de la scène artistique barcelonaise, de la culture ibérique et de son riche folklore.
Marie Laurencin, Danseuses espagnoles, entre 1920 et 1921, huile sur toile, 150 x 95 cm, musée de l’Orangerie, Paris. ©Hervé Lewandowski ©Fondation Foujita / Adagp, Paris, 2026
Robert Delaunay, Femme au marché (Portugal), 1915, huile sur toile, 81 x 100 cm, Fontevraud, le musée d’Art moderne-Collections nationales Martine et Léon Cligman. ©Fontevraud, le musée d’Art moderne/ Raphaël Chipault
« Notre tête est ronde pour permettre à la pensée de changer de direction »
Francis Picabia
Pablo Picasso, Femme avec mantille [Fatma], juin 1917, huile et fusain sur toile, 116 x 89 cm, Museum Picasso, Barcelone. ©Fotogasull ©Succession Picasso 2026
Francis Picabia, Espagnole, 1922, gouache et graphite sur papier, 64,5 x 49 cm, Collection Fundación Mapfre, Madrid. © Fernando Maquieira
Juliette Roche, Étude pour « Sur les ramblas », 1916, huile sur carton, 67,5 x 51,7 cm, Musée d’art moderne de Céret, don de la Fondation Albert Gleizes en 2024. © Nicolas Giganto © Adagp, Paris, 2026
Carine Bruet
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