Renoir et l’amour, la modernité du bonheur
Depuis son inauguration en 1875, le Palais Garnier fascine plus d’un million de visiteurs chaque année. Véritable symbole de l’opéra et de la danse, il incarne un patrimoine culturel majeur. Pour ses 150 ans, une exposition organisée par la Bibliothèque nationale de France et l’Opéra de Paris lui rend hommage. À travers œuvres, archives et témoignages, elle dévoile ses coulisses et son histoire. Une immersion unique dans la magie et la légende de ce lieu mythique.
Livre Le Palais Garnier : 150 ans d’un théâtre mythique. ©BnF I Editions. // Charles Garnier, Coupe de la cage du grand escalier de l’Opéra Garnier, entre 1860 et 1898. ©BnF, Bibliothèque-musée de l’Opéra.
Auguste Renoir (1841-1919), Danse à la campagne, 1883. Huile sur toile, 180,3 x 90,0 cm Paris, musée d’Orsay, Achat, 1979 RF 1979 64. © photo : Musée d’Orsay, Dist. RMN-Grand Palais / Patrice Schmidt. © Service presse / Musée d’Orsay.
Longtemps réduit à l’image d’un “peintre du bonheur”, Auguste Renoir a parfois été tenu à l’écart des grands récits de la modernité, jugée trop grave ou désenchantée pour accueillir la joie. Cette magnifique exposition propose de reconsidérer ce préjugé, en montrant combien son œuvre développe au contraire une réflexion singulière et profonde sur la modernité, placée sous le signe de l’amour, de l’empathie et du lien. À l’occasion des 150 ans du Bal du moulin de la Galette (1876), sont donc réunis pour la première fois, depuis 1985, date de la dernière rétrospective Renoir organisée à Paris, un corpus majeur de “scènes de la vie moderne”, peintes entre 1865 et 1885. Aux côtés de Manet, Monet, Degas ou Morisot, Renoir participe à l’invention d’une “nouvelle peinture”, tout en affirmant une sensibilité propre : un regard attentif aux relations humaines, à la convivialité, à la danse, aux conversations et aux plaisirs partagés. Il se distingue par son sens singulier de l’empathie et sa capacité d’émerveillement. Ce regard “amoureux” se manifeste dans ses motifs (conversations, repas…) et dans sa manière de peindre. Loin de toute sentimentalité appuyée, ses figures, souvent de jeunes couples, évitent la narration romanesque excessive et les mises en scène érotiques, au profit d’une atmosphère héritée des fêtes galantes du XVIIIe siècle. À travers ces scènes lumineuses et unificatrices, Renoir esquisse une vision du monde fondée sur l’égalité, la liberté des mœurs et la résistance à la violence sociale et à la solitude urbaine. Environ cinquante œuvres majeures viennent ainsi rappeler que la joie peut être, elle aussi, une forme radicale de modernité !
Auguste Renoir (1841-1919), Bal du moulin de la Galette, 1876. Huile sur toile 131,5 x 176,5 cm. Paris, musée d’Orsay. Legs Gustave Caillebotte, 1896, RF 2739. © photo : Musée d’Orsay, Dist. RMN-Grand Palais / Mathieu Rabeau. © Service presse / Musée d’Orsay.
Auguste Renoir (1841-1919), Le Déjeuner des Canotiers, 1880-1881. Huile sur toile, 130,2 x 175,6 cm. Washington, The Phillips Collection, achat 1923, 1637. Photo Courtesy of The Phillips Collection, Washington, D.C. © Service presse / Musée d’Orsay.
« Je sais bien qu’il est difficile de faire admettre qu’une peinture puisse être de la très grande peinture en restant joyeuse »
Auguste Renoir
Auguste Renoir (1841-1919), La Fin du déjeuner, 1879. Huile sur toile, 100,5 x 81,3 cm. Francfort-sur-le-Main, Städel Museum, acquis en 1910, SG 176. © photo : Image courtesy Städel Museum, Frankfurt am Main. © Service presse / Musée d’Orsay.
Carine Bruet
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